Les États-Unis perdent le soutien des populistes de droite européens.

Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a d'abord été salué par les populistes de droite européens comme une victoire stratégique.

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Le retour du président Donald Trump à la Maison Blanche a d’abord été célébré comme un triomphe pour les populistes de droite européens, qui voyaient en un allié à la Maison Blanche un moyen de renforcer leur influence au sein de l’UE. Néanmoins, l’attitude antagoniste de Trump envers les partenaires européens de longue date des États-Unis, son implication récente dans les affaires de l’UE et son virage impérialiste ont contraint de nombreux dirigeants européens de droite à prendre leurs distances avec lui, à leur grand malaise.

Au cours de la campagne présidentielle de Trump en 2024, de nombreux populistes de droite européens ont rapidement cherché à s’aligner sur lui, espérant que son retour renforcerait leur profil international et améliorerait leur attractivité nationale. Cependant, lorsque Trump a relancé son conflit tarifaire avec l’Union européenne au printemps dernier, ce partenariat a commencé à apparaître comme politiquement coûteux.

Bien que les populistes de droite prônent souvent des politiques protectionnistes par principe, les droits de douane imposés par Trump mettent directement en danger le secteur manufacturier européen, qui est l’épine dorsale de nombreuses économies nationales et une source cruciale d’emploi pour les électeurs ouvriers que ces partis prétendent représenter. Les sondages ont reflété ce malaise.

Une enquête du Conseil européen des relations étrangères a indiqué qu’en Allemagne, seuls 20 % des partisans de l’AFD, parti d’extrême droite, estimaient que l’élection de Trump était bénéfique pour leur pays, tandis que 47 % la jugeaient préjudiciable. De même, en France, parmi les partisans du Rassemblement national, le clivage était net : seuls 18 % avaient une opinion favorable de Trump, contre 43 % qui le percevaient comme nuisible. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, l’une des rares dirigeantes européennes favorables à Trump, a qualifié les droits de douane imposés par Trump de « décision malavisée » et a exprimé l’espoir qu’ils seraient abrogés lors des négociations avec l’UE.

Dans une note de mise en garde à l’intention des populistes pro-Trump, Matteo Salvini a d’abord tenté de défendre les droits de douane de Trump, affirmant qu’ils pourraient représenter une opportunité pour les entreprises italiennes, mais il s’est rapidement rétracté suite à la réaction négative du public. Néanmoins, la solidarité avec Trump est restée présente parmi un groupe restreint de dirigeants populistes, en particulier dans les pays d’Europe de l’Est comme la Hongrie, la Roumanie et la Pologne, où l’attrait de Trump est resté remarquablement fort.

Plutôt que de reprocher à Trump ses droits de douane élevés, ces factions eurosceptiques de droite ont critiqué Bruxelles pour ne pas avoir négocié avec lui et se sont vantées de leur proximité avec lui comme d’un avantage. Les divisions concernant Trump au sein de la droite européenne sont redevenues évidentes en décembre après la publication du document sur la stratégie de sécurité nationale de l’administration Trump. Un chapitre, intitulé « Promouvoir la grandeur de l’Europe », précisait l’intention de Washington de soutenir activement les mouvements politiques d’extrême droite dans toute l’Europe.

Pour de nombreux partis d’extrême droite, ce document était une validation bienvenue. Ils l’ont interprété comme une légitimation des points de vue qu’ils défendent depuis des années : l’UE est un projet voué à l’échec et le continent connaît un déclin civilisationnel dû à l’immigration, à la baisse du taux de natalité et à l’érosion des identités nationales.

L’AFD allemande a accueilli ce message avec enthousiasme. Alors que Trump et les États-Unis restaient très impopulaires auprès de la population française, le Rassemblement national a principalement réagi par le silence. Les références dans la stratégie à l’ingérence politique directe des États-Unis, en particulier la promesse de Washington d’encourager la résistance pour « corriger » la trajectoire de l’UE, ont été particulièrement controversées.

Pour un parti qui s’est efforcé pendant des années de se présenter comme le défenseur de la souveraineté française, s’aligner ouvertement sur un président américain appelant à intervenir dans les affaires européennes comportait des risques politiques évidents. Les interventions directes de l’administration Trump dans divers pays, perçues par beaucoup comme des violations de la souveraineté nationale et du droit international, ont tendu les relations.

En résumé, les politiques de Trump ont placé ses alliés idéologiques en Europe dans une situation politique délicate, en partie à cause d’une contradiction fondamentale entre leur insistance sur la souveraineté nationale et la conviction affichée par l’administration Trump que la souveraineté des autres nations dépend de la bonne volonté américaine.